27
2015
Mar

Confidences de Maya : mariage, dote & traditions

Pendant la pause forcée du blog, je me suis remise en question (CLIQUEZ ICI) et cette réflexion m’a fait réfléchir à un problème de fond …les tabous autour des traditions étrangères et des difficultés rencontrées par les couples mixtes à allier leurs différentes coutumes et traditions. Maya, lectrice du blog s’est proposée pour partager avec nous quelques questionnements auxquels elle doit faire face avec son fiancé, et aujourd’hui nous allons parler de la dote.
Coutume abandonnée en Europe, la dote est toujours pratiquée en Afrique, aussi bien dans le Maghreb que l’Afrique noire. Entre devoir et folklore Maya nous dit tout.

AnuNosike-70 - Lumi Morgan Photography

Presentation : Mika & Maya

Mon fiancé, Mika, est franco-maghrébin et musulman. Moi, Maya, je suis catholique et originaire d’Afrique noire et issue de parents qui ne viennent pas du même pays, ce qui pose ses propres problèmes lorsqu’on parle de la famille élargie. Enfin, il approche de la trentaine et travaille alors que moi j’approche de mes 25 ans et suis étudiante (et pour encore très longtemps !).

Vous pouvez déjà dresser le tableau : couple mixte non seulement par les origines ethniques mais aussi par la religion et qui sont en plus à deux stades différents professionnellement parlant !

La dot : qu’est-ce que c’est ?

Dans cette chronique, j’ai envie de vous parler du mariage traditionnel, encore appelé la dot et je ferai l’impasse sur les fiançailles ou la pré-dot. N’hésitez pas à me dire si vous souhaitez que j’en parle !

Dans l’un des pays d’origine de Mika et dans cette branche de sa famille, la dot est encore pratiquée. En règle générale les règles sont simples mais plutôt flexibles. Lors du mariage, l’homme apporte la maison et un billet symbolique et la femme apporte le mobilier y compris l’électroménager et la voiture. Cependant, le billet symbolique peut se transformer en millier d’euros selon la région et le désir de la mariée (car théoriquement, c’est elle qui fixe les demandes).

Dans mon pays d’origine, la dot est un processus plus ou moins douloureux. Le fiancé écrit une longue missive au père de la future mariée pour lui faire part de son désir d’épouser la demoiselle et demander une date « d’audience » pour rencontrer la famille de la demoiselle et présenter la sienne. En plus de cela, il demande au père de la mariée (et parfois à sa famille), de dresser sa « liste ». Le père de la future mariée et parfois ses oncles se retrouvent pour dresser cette liste qui contient divers éléments : la somme monétaire demandée (généralement présentée sous la forme du bétail à contre-valeur de X euros lorsqu’on vit en occident), des ustensiles de cuisine, des vêtements, des bijoux, etc. Cette liste est censée contenir des choses pour le père, la mère et parfois la famille élargie. La somme monétaire demandée est généralement utilisée pour acheter le nécessaire afin d’installer correctement le jeune couple (mobilier, électroménager etc). Cette utilisation dépend malheureusement fortement du pays et du souhait des parents qui reçoivent cet argent… J’ai entendu dire que dans certains pays/tribus, cet argent est conservé par les parents.

Cette liste et ensuite envoyée au fiancé avec la date du mariage traditionnel.

Comment cela s’est-il déroulé pour nous ?

En toute honnêteté, les discussions ont été houleuses… J’ai même versé quelques larmes et mon fiancé s’est parfois montré inflexible. En effet, je percevais son refus de se plier à cette tradition comme un affront, un manque de respect envers ma famille mais aussi et surtout comme un rejet de ma culture.

Comme je l’ai dit, mon fiancé est franco-maghrébin et a été, pour certaines choses du moins, extrêmement influencé par la culture française. La dot, c’était un concept étranger et jamais Ô grand jamais il n’allait donner 1 centime pour une chose pareille ! Il ne voulait pas entendre parler de la dot d’une partie de ses origines ni de ce qui se faisait chez moi. Je n’étais pas plus emballée mais c’était quelque chose qui se fait et auquel il faut se plier pour la paix familiale… En effet, j’étais consciente que nous aurions beaucoup d’autres batailles à mener !

Mika était réticent non seulement à cause de l’argent attendu (soyons francs : dans ma famille rare sont ceux qui ont eu une dot inférieure à 2 000 euros), et de la liste mais aussi à cause de tout ce que le mariage traditionnel signifiait : une grande fête avec 150 à 200 invites mais aussi et surtout le manque d’intimité que cela signifiait. Pour faire simple, lors d’une dot, un vrai cérémonial a lieu, la lettre est lue à voix haute, les cadeaux sont présentés puis ouvert devant tout le monde, les négociations vont bon train (pour le folklore uniquement) etc. Or il déteste être au centre de l’attention et n’avait aucune envie de se donner en spectacle. Il était également mal à l’aise et extrêmement réticent à présenter sa famille dans ces conditions.

C’est donc au bout de 2 ans que nous avons réussi à trouver un compromis : une dot oui mais en comité extrêmement restreint (nos parents uniquement).

Vous remarquerez que je n’ai pas parlé de nos parents et de la façon dont notre accord a été reçu, ceci fera l’objet d’une autre chronique. Celle-ci reprendra la réaction de nos familles à l’annonce de la façon dont nous imaginons notre union de façon globale (et non seulement le cote traditionnel). En effet, nous avons très vite compris qu’il nous fallait être absolument en accord pour ne pas les laisser semer le doute et essayer de faire fonctionner la culpabilité. Entendons-nous bien, nous adorons nos parents mais ils avaient une idée de la façon dont nous allions nous unir qui était très, très loin de ce que nous allions leur présenter…

Shalewa-and-Moyo-Traditional-Wedding-Photography-by-Jide-Odukoya+4341

Jide Odukoya Photography via Aisle perfect

Merci à Cynthia de me donner l’opportunité de témoigner et partager avec vous certaines des problématiques qui sont apparues dans mon couple mixte.

 

Crédit
mariage traditionnel afrique noire – Lumi Morgan Photography  via Aisle perfect // La montagne de cadeau – Jide Odukoya Photography via Aisle perfect

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